
Dans cette rubrique, nous vous proposons d'explorer la musique par thématiques (style musical, artistes etc...) à l'aide de zooms illustrés par les documents des collections du réseau.
Le blues
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« Au fond, le blues c’est simple. C’est le vécu de celui qui joue qui est important »
Le rêve de Meteor Slim / Frantz Duchazeau. De Chicago au Delta Blues : retour aux sources
. Le blues en itinérance
. Blues rural Blues urbain
. Quelques grandes figures du Blues
. Le blues au féminin
. Et dans les médiathèques du réseauDe Chicago au Delta Blues : retour aux sources
On connaît le blues de Chicago, celui de Detroit mais d’où vient véritablement le blues ?
Le blues natal, le blues profond apparaît à la fin du XIXème siècle - début du XXème siècle sur les terres du sud des États-Unis.Plus précisément, on trouve les premiers blues chantés comme un langage codé par les travailleurs et prisonniers noirs américains, descendants des esclaves noirs africains au milieu des plantations de tabac et des champs de coton dans la région du Delta du Mississippi. Région délimitée entre Vicksburg, Jackson et Memphis.
Le blues exprime bien souvent les souffrances ou les peines de la vie mais racontent aussi les révoltes éprouvées par les Noirs américains de cette époque.
Cette musique fait écho au sentiment ressenti de tout un peuple natif d’Afrique qui en quelques notes prend une forme de liberté lorsque celle-ci passe par les chants.
Le blues en itinérance
Bien que l’esclavage fût aboli, cette région du Delta du Mississippi garde les stigmates de la guerre de Sécession (1861-1865) dans laquelle une partie de la population représentée par les Noirs américains, est encore contrainte par la servitude et par l’absence de jouissance de leurs droits. La ségrégation amène une partie de la communauté noire à l’exil des états du sud vers le nord du pays.À travers cette migration, le blues connaît une évolution et se spécialise comme un produit du terroir suivant les villes-étapes de la route 61. Cette route 61, allant de Memphis à Chicago en passant par St-Louis, conduit les bluesmen à cré leur propre blues à chaque passage dans la ville.
Ainsi, le blues voit émerger le blues des villes.
Blues rural, Blues urbain
Si la structure musicale du blues s’appuie sur une base de note relevant de quelques accords minimalistes, on distingue plusieurs blues qui se sont au fil du temps appropriés les sons typiques des différentes régions traversant les États-Unis (Louisiane, Mississippi, Arkansas, Tennesse, Misouri et Illinois).
Chaque blues révèle alors son propre style suivant une utilisation d’instruments combinés.
Pour le blues rural ou traditionnel (Delta Blues), une guitare-voix accompagnée parfois d’un harmonica suffit à entonner son chant rustique. Alors que pour le blues urbain, celui-ci associe plusieurs instruments voire un orchestre et le son s’électrifie avec les guitares (Blues de Chicago).
Le blues influence beaucoup d’autres courants comme le gospel ou la soul qui reprennent les bases rythmiques. Il y a également d’autres genres musicaux qui vont émaner de cette source musicale comme le rock n’roll dont bons nombres de groupes tel les Rolling stones trouveront l’inspiration.

Quelques grandes figures du BluesMalgré la rareté des enregistrements de certains bluesman de l’époque, certains figurent dans les compilations notamment dans celles recueillies par Alan Lomax.
. Son House (entre 1892 et 1902-1988)
. Howlin’wolf (1910-1976)
. James Skip (1902-1969)
. Johnson Tommy (1896 env.-1956)
. Fred Mc Dowell Mississippi (1904-1972)
. Charley Patton (1881 ou 1891-1934)
. Johnny Shines (1915-1992)
Et Robert Johnson, sans contexte le plus marquant des bluesmen, certainement dû à la légende du « Crossroad » qui veut faire croire qu’au carrefour de la route 61 et 49 dans la ville de Clarksdale, Robert aurait troqué son âme contre le don de jouer de la guitare.
Le blues au féminin
. Mamie Smith - Crazy Blues (1920)
. Bessie Smith - Careless Love Blues (1925)
. Ma Rainey - Deep Moaning Blues (1928)
. Victoria Spivey & Lonnie Johnson - Dope Head Blues (1927)Le blues dans les médiathèques du réseau
À voir
. The soul of a man / Wim Wenders
. Du Mali au Mississippi / Martin Scorsese
. Bluesland : la terre promise du blues, un portrait au coeur de la musique américaine / Toby Byron
. Piano blues / Clint Eastwood
. La route de Memphis / Richard Pearce, Robert KennerÀ lire
. O'Boys : l'intégrale / scénario Steve Cuzor, Philippe Thirault et Stéphane Colman
Le rêve de Meteor Slim / Frantz Duchazeau
Il était une fois Morris Jones : roman / Ran Walker
Le blues : voyage à la source / Préface de Martin ScorceseÀ écouter
Charley Patton, All time blues classic Patton, Charley (1887-1934)
The complete recordings, Roots n' blues Johnson, Robert (1911-1938)
Blues songbook, Lomax, Alan (1915-2002)Sécurité. Pour accéder au portail de votre bibliothèque, merci de confirmer que vous n'êtes pas un robot en cliquant ici.Sécurité. Pour accéder au portail de votre bibliothèque, merci de confirmer que vous n'êtes pas un robot en cliquant ici. Rap et Hip hop
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"Si le rap excelle, le jazz en est l’étincelle" / MC Solaar - À dix de mes disciples (1994)
Retour sur l’histoire d’un mouvement culturel et musical
Né dans les quartiers populaires du Bronx, à New York, au début des années 1970, le hip-hop réunit plusieurs formes d’expression : le rap, le DJing, la danse et le graffiti. Le rap en constitue la dimension vocale : les artistes scandent des textes rythmés sur une musique composée de boucles, de percussions et d’échantillons sonores.
En France, le rap se diffuse au début des années 1980 grâce aux émissions de radio et de télévision, aux disc-jockeys, aux concerts et aux premiers collectifs inspirés par la culture hip-hop américaine. Il s’adapte rapidement au contexte français : les textes parlent du quotidien, des inégalités, des quartiers, de l’identité, de la famille et de la place de la jeunesse dans la société.
À partir des années 1990, le rap français se structure et gagne un large public avec des groupes et artistes aux styles variés. Dans les décennies suivantes, il se diversifie : rap engagé, festif, introspectif, mélodique ou expérimental. Devenu un genre majeur de la scène musicale française, il continue de renouveler ses sonorités, ses modes de diffusion et ses thèmes.
Au fil du temps, les techniques évoluent également. Le sample, qui consiste à réutiliser un extrait sonore, côtoie les boîtes à rythmes, les productions électroniques, l’auto-tune et des influences venues de la soul, du funk, du reggae ou encore des musiques africaines. L’arrivée d’Internet et des plateformes d’écoute accélère ensuite la diffusion des morceaux : les artistes peuvent publier plus rapidement, toucher de nouveaux publics et se faire connaître sans passer uniquement par les circuits traditionnels de l’industrie musicale.
Le rap est ainsi devenu à la fois une musique populaire, un espace de récit et un moyen de prendre la parole. Il permet de raconter un territoire, de transmettre une expérience personnelle ou collective, mais aussi de jouer avec la langue grâce aux rimes, aux images, aux références et aux variations de rythme. Cette richesse explique sa place durable dans la culture contemporaine.
Le classico : Paris VS Marseille

Paris et Marseille : deux scènes emblématiques, plutôt qu’une simple opposition
Dans les années 1990, ces deux villes deviennent des pôles majeurs du rap français. La région parisienne rassemble de nombreux groupes et artistes dont les textes décrivent la vie urbaine, les tensions sociales et la diversité des territoires. Marseille développe parallèlement une identité forte, nourrie par l’accent, la culture méditerranéenne, l’attachement à la ville et des influences musicales multiples.
La scène parisienne se distingue par sa grande diversité, liée à l’étendue de la capitale et de sa banlieue. Elle a vu émerger des formations majeures comme NTM, Ministère A.M.E.R. ou Assassin, puis de nombreuses générations d’artistes aux approches très différentes. Les morceaux peuvent prendre la forme de chroniques sociales, de récits de quartier, de démonstrations techniques ou de créations plus mélodiques. À Marseille, IAM, la Fonky Family et d’autres collectifs ont contribué à construire un son immédiatement reconnaissable, marqué par le sens du récit, la fierté locale, l’humour, la critique sociale et l’ouverture sur la Méditerranée.
Cette rivalité symbolique nourrit les récits, les styles et l’imaginaire du public, à la manière d’un « classico » musical. Elle ne résume toutefois pas la richesse du rap français : Lyon, Lille, Toulouse, Strasbourg et bien d’autres territoires ont également leurs scènes. Les collaborations entre artistes montrent que les circulations et les influences dépassent largement l’opposition Paris–Marseille.
Malgré leurs identités propres, les deux scènes partagent des préoccupations communes : raconter la ville, rendre visibles des réalités souvent peu représentées et affirmer une identité artistique. Le « classico » constitue donc surtout une manière ludique de comparer des styles, des accents et des histoires. Les échanges, invitations et morceaux communs rappellent que le rap se construit aussi par les rencontres entre territoires.
Rap au Féminin

Des voix féminines essentielles à l’évolution du genre
Bien que le rap demeure un univers majoritairement masculin, de nombreuses rappeuses se sont imposées par la force de leur écriture, leur présence scénique et leur créativité. Elles abordent des sujets tels que l’émancipation, les discriminations, les rapports de pouvoir, l’intime, la réussite et les réalités sociales, tout en explorant des univers musicaux très différents.
Dès les premières décennies du rap français, des artistes comme B-Love, Saliha, Sté Strausz, Princess Aniès, Diam’s ou Casey participent à son histoire et ouvrent la voie à d’autres générations. Leurs parcours montrent qu’il n’existe pas un seul « rap féminin », mais une multitude de sensibilités : écriture autobiographique, discours politique, performance technique, rap mélodique, trap ou recherche expérimentale. Les rappeuses ne constituent donc pas une catégorie à part ; elles contribuent pleinement à la diversité du genre.
Leur visibilité progresse grâce aux concerts, aux médias, aux plateformes numériques et aux collaborations. Cette reconnaissance reste néanmoins un enjeu : l’accès à la programmation, la médiatisation et la lutte contre les stéréotypes peuvent encore être renforcés. Mettre en avant la pluralité de ces parcours permet de mieux comprendre un rap français vivant, diversifié et en constante transformation.
Aujourd’hui, une nouvelle génération bénéficie d’une audience plus large et brouille davantage les frontières entre rap, pop, chant et musiques électroniques. Toutefois, la progression de la visibilité ne supprime pas toutes les difficultés : sous-représentation dans certains festivals, moindre exposition médiatique, commentaires sexistes ou pression sur l’apparence. Les médiathèques, les salles de spectacle et les structures culturelles peuvent agir en proposant des sélections équilibrées, des rencontres, des ateliers d’écriture et des programmations qui rendent compte de la diversité réelle des artistes.
Quelques grandes figures du Rap français
- IAM
- NTM
- MC Solaar
- Ministère AMER
- Secteur A (collectif)
- MAFIA (collectif)
- Orelsan
Le rap au féminin- Keny Arkana
- Diam’s
- Casey
- Chilla
- Shay
Le rap dans les médiathèques du réseau
À retrouver ici : Sélections Générations rap.